Systématisation
BUS 97






Projet BUS 97
Le point de départ du projet, origine d'un travail de ''dessin'' que nous avait proposé Pierre Granche dans le cadre du cour de sculptures.
«Faire une systématisation. Organiser la création plastique ou conceptuelle selon un ensemble de règles rigoureuses, de méthodes répétitives ou de protocoles stricts fixés à l'avance par vous-même.»
Nous sommes dans les années 1980, le paysage urbain de Montréal bat au rythme mécanique de sa propre répétition. En plein mouvement punk, avec mes chums; Beaudoin Wart, Henriette Valium, Thibaud Decorta, Claude-Paul Gauthier, Anonyme et plein d'autres amis artistes du plateau et du bas de la ville.
C’est dans cette matrice de béton et d’asphalte que s’inscrit ma démarche.
À travers ce projet plastique mixmédia, j’explore ''la systématisation'' de l’existence à travers le circuit d’autobus que j’utilise quotidiennement; la 97 Mont-Royal, une de ces boucles de bus montréalais; une ligne parmi tant d’autres.
Inspiré par l’universel célèbre triptyque:
« métro, boulot, dodo »
Réinventé sous :
« BUS/boulot/BUS/dodo » « BUS/dodo /BUS/ boulot, » « Le BUS/c'est le boss »
Le projet s'articule autour d'un protocole rigoureux de redondances et d'éléments répétitifs.
Le défi que je me suis jeté est de faire 97 variations sur un même thème; les arrêts d'autobus jaunes #97
Superpositions de collages de tickets de bus, photographies,textures de photocopies saturées, structures géométriques rigides, ready-made, et la musique et les fragments sonores industriels recréent la monotonie texturée du transit urbain.
Par mes peintures, dessins, sculptures, sérigraphies, ma poésie, la musique, mes photographies, la vidéo, une performance et même l'art alimentaire...
97 variations, 97 représentations différentes d'arrêts d'autobus 97.
L’œuvre devient un miroir de la routine, où le geste artistique imite la cadence automatique de la ville. Au cœur de cette mécanique, un paradoxe s'opère : l’effacement de l’individu. Mon effacement.
'' En adoptant le pseudonyme : Ben 97, j'abandonne ma subjectivité pour me fondre dans le mobilier urbain. Je m'annule pour mieux renaître. Derrière le métal et la fumée de l’autobus 97, entre la montagne et l'Est de la ville, Ben 97 s'invente une identité de rechange.''
Je suis une silhouette anonyme, un fantôme de la ligne, transformant l’aliénation du trajet quotidien en un espace de résistance poétique et conceptuel.

Le Vol d'la Pancarte/disparition du BUS
acrylique 30'' x 40'' pancarte 6' Ben 97 1980
Étudiant en art visuel à l'Université de Montréal, Michel Benoit alias Ben 97 entreprend une étude systémique avec la systématisation BUS 97 en 1978-80
Il se lance le défi de réaliser 97 variations sur un même thème: l'arrêt d'autobus jaune et noir de la société de transport de Montréal de l'époque. (fin des années 70)
Il commence par la photographie avec un diaporama de 97 photos d'arrêt d'autobus en noir et blanc.
Il produit une centaine de dessins, gravures, sérigraphies, peintures, sculptures et installation.
Il utilise le studio de son de l'Université de Montréal pour enregistrer la musique et la trame sonore pour la perforformance scénique BUS 97.
Il réalise une pizza au four en forme d'arrêt d'autobus 97.
Il met au point un système de cinéma de pixilation à l'horizontale dans l'autobus 97 et un projecteur filme à vitesse variable.
Il photographie l'ensemble des façades des commerces de le rue Mont-Royal de Frontenac jusqu'à l'avenue du Parc. (côtés nord et sud)
L'installation BUS 97. Le spectateur prend place assis sur un banc double d'autobus avec une fenêtre de chaque côté. Un bouton permettait de faire dérouler les images dans une direction ou l'autre, d'est en ouest ou vice versa.


